Animalbum
Puma, illustration

🏔️ Montagnes

Puma

Le félin aux quarante noms · Puma concolor

Du Yukon, au Canada, jusqu'à la Patagonie, aucun autre mammifère terrestre sauvage des Amériques n'occupe une aire aussi vaste que le puma. Ce grand félin peut bondir à quelque 5 m de haut et s'attaquer à des proies plusieurs fois plus grosses que lui… mais il ne sait pas rugir : il ronronne, comme un chat !

Fiche express

Taille

De 1 à 1,5 m

sans compter la queue, longue de 60 à 90 cm

Poids

De 30 à 80 kg

en général ; les mâles sont 40 à 60 % plus lourds que les femelles

Habitat

Très varié

du Canada à la Patagonie, des déserts aux forêts tropicales, jusqu'à 5 800 m d'altitude

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Surtout des cerfs

mais aussi wapitis, guanacos, porcs-épics… et même des manchots

Saut

De 4,5 à 5,5 m

de haut selon les sources, et environ 12 m en longueur

Statut

Préoccupation mineure

évaluation publiée en 2015

Où vit-il ?

Du Yukon à la Patagonie, montagnes comprises

Le puma détient un record : selon le groupe de spécialistes des félins de l'UICN, aucun autre mammifère terrestre originaire des Amériques n'occupe une aire de répartition aussi vaste. On le trouve depuis le Yukon, dans l'ouest du Canada, vers 60° de latitude nord, jusqu'au sud du Chili et de l'Argentine, en Patagonie, en passant par l'ouest des États-Unis, l'Amérique centrale et l'Amérique du Sud.

Et il n'est pas difficile ! Il vit dans presque tous les grands milieux naturels des Amériques : déserts, broussailles, forêts de conifères, savanes inondées, forêts tropicales humides, et même les grandes prairies ouvertes de Patagonie. Il apprécie tout particulièrement les terrains accidentés, aux pentes raides et rocheuses, et les forêts au sous-bois bien fourni. Et il monte haut : on l'a signalé du niveau de la mer jusqu'à 5 800 m d'altitude, dans le sud du Pérou. Il est en revanche absent des plus hauts sommets des Andes.

Le surnom de « lion des montagnes », « mountain lion » en anglais, l'un de ses noms les plus courants aux États-Unis, lui va bien en Amérique du Nord. En moins de 200 ans après l'arrivée des colons européens, il a été éliminé de toute la moitié est du continent, sauf d'une petite population en Floride, et c'est surtout dans l'Ouest, des montagnes Rocheuses jusqu'au Pacifique, qu'il s'est maintenu. Au Canada, ses populations survivantes vivent surtout dans les forêts et les montagnes de la Colombie-Britannique et de l'Alberta. Mais le puma n'a rien d'un montagnard exclusif : c'est avant tout un champion de l'adaptation, aussi à l'aise dans un désert que dans une forêt tropicale.

Que mange-t-il ?

Chasseur à l'affût et garde-manger caché

Le puma ne mange que de la viande, et presque tout ce qu'il peut attraper. En Amérique du Nord, ses proies principales sont les cerfs, comme le cerf mulet et le cerf de Virginie, et le wapiti, un grand cerf. Il s'attaque aussi à l'orignal, au mouflon d'Amérique ou à l'antilocapre, et peut tuer des proies plusieurs fois plus grosses que lui. Mais son menu change selon les régions : au Chili, il mange des guanacos, des pudus et des huemuls, deux cerfs des Andes, et des lièvres d'Europe ; ailleurs, des capybaras, des agoutis, des tatous, des oiseaux, des souris… et même des insectes ! Selon le zoo de San Diego, certains pumas mangent aussi des porcs-épics, piquants compris, apparemment sans dommage. Et là où il partage son territoire avec le jaguar, il se rabat davantage sur des proies petites et moyennes.

Sa technique : l'embuscade. Il approche discrètement sa proie, parfois pendant plus d'une heure, puis l'attaque par derrière, à courte distance. Il traîne ensuite souvent sa prise à l'abri, la recouvre de feuilles, d'herbe, de brindilles, de terre ou de neige pour la cacher, et revient s'en nourrir plusieurs jours de suite. Selon le département de la pêche et de la faune de l'État de Washington, aux États-Unis, un puma peut ainsi se nourrir de la même carcasse pendant 6 à 8 jours. Dans les montagnes des Cascades, un gros mâle y tue un cerf ou un wapiti tous les 9 à 12 jours, et peut avaler jusqu'à 9 kg de viande en un seul repas !

Et ses restes profitent à bien d'autres. Pendant l'été 2016, dans la région du Grand Yellowstone, dans le Wyoming, des chercheurs ont récolté plus de 24 000 coléoptères, appartenant à 215 espèces, sur 18 carcasses de proies de pumas, surtout des cerfs et des wapitis. Pour ces scientifiques, qui ont publié leurs résultats en 2018, le puma est un véritable « ingénieur des écosystèmes » : les proies qu'il abandonne offrent à ces insectes de quoi manger, mais aussi un lieu de vie, de la larve jusqu'à l'adulte.

Protection

Chez lui presque partout… sauf dans l'Est

L'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature, qui tient la liste rouge des espèces menacées) classe le puma en « préoccupation mineure » depuis sa dernière évaluation, publiée en 2015, dont une version corrigée a été publiée en 2016. Avec son immense aire de répartition, il est en effet peu menacé d'extinction. Mais ses populations sont considérées en déclin, et sa situation est plus fragile à l'échelle de certains pays : il est par exemple classé « quasi menacé » en Argentine, au Brésil, en Colombie et au Pérou.

Ses principales menaces : la destruction et le morcellement de son milieu par l'homme, la raréfaction de ses proies, trop chassées, les routes, et les conflits avec les éleveurs, qui le tuent parfois pour protéger leur bétail. Ces persécutions ont déjà fait des ravages : il a disparu de toute la moitié est de l'Amérique du Nord, sauf en Floride. Le puma de l'Est, longtemps considéré comme une sous-espèce à part, figurait depuis 1973 sur la liste des espèces en danger des États-Unis. Mais les derniers pumas de l'Est connus auraient été tués en 1932 au Nouveau-Brunswick, au Canada, et en 1938 dans le Maine. En 2011, un bilan du Service américain de la pêche et de la faune a conclu à sa disparition. Il a été retiré de la liste des espèces protégées par une décision publiée le 23 janvier 2018 et entrée en vigueur le 22 février 2018 : officiellement, le puma de l'Est est éteint.

La panthère de Floride, elle, a frôlé le même sort : dans les années 1970 et 1980, on estimait qu'il n'en restait plus que 20 à 30. Isolées, les dernières panthères se reproduisaient entre proches parents, et souffraient plus souvent de malformations du cœur et de problèmes de fertilité. Toujours classée « en danger » aux États-Unis, elle est aujourd'hui surtout menacée par les collisions avec les voitures, la première cause de mort de cette population.

La bonne nouvelle

La panthère de Floride s'est relevée ! En 1995, pour lui apporter du « sang neuf », on a relâché dans le sud de la Floride huit femelles pumas venues du Texas. Les panthères qui comptaient des ancêtres texans ont mieux survécu et se sont mieux reproduites. En 2017, le Service américain de la pêche et de la faune et l'agence de la faune de Floride estimaient la population à 120 à 230 panthères adultes et jeunes adultes, contre 20 à 30 quelques décennies plus tôt. Et en 2025, une étude génétique publiée dans la revue PNAS a confirmé le succès de ce sauvetage.

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