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Porc-épic à crête, illustration

🌾 Savanes et steppes

Porc-épic à crête

Le rongeur à la queue-crécelle · Hystrix cristata

Avec sa crête qu'il hérisse au moindre danger et ses gros piquants d'environ 35 cm, le porc-épic à crête est l'un des plus grands porcs-épics du monde, et le seul d'Europe. Contrairement à une croyance très ancienne, il ne lance pas ses piquants… mais gare à qui insiste : après un concert de crécelle, il charge à reculons !

Fiche express

Taille

60 à 93 cm

sans la queue, qui mesure 8 à 17 cm

Poids

10 à 30 kg

selon les individus et les régions

Habitat

Afrique et Italie

savanes, collines rocheuses, forêts, cultures

Menu

Racines et tubercules

écorce, fruits tombés… et des os à ronger

Piquants

Environ 35 cm

pour les plus gros, sur les flancs et le dos

Statut

Préoccupation mineure

évalué en 2016

Où vit-il ?

De la savane africaine à l'Italie

Le porc-épic à crête vit surtout en Afrique. Au nord, on le trouve au Maroc, en Algérie, en Tunisie et en Libye. Au sud du Sahara, il occupe une large bande qui va du Sénégal et de la Gambie, à l'ouest, jusqu'à l'Éthiopie et la Somalie, à l'est, et descend jusqu'en Tanzanie et dans le nord de la République démocratique du Congo. Plus au sud, c'est un proche cousin, le porc-épic du Cap, qui prend le relais.

Il s'adapte à presque tout : savanes, broussailles, forêts, collines rocailleuses, montagnes, et même cultures ou déserts de sable. Le jour, il se repose à l'abri dans une grotte, une fente de rocher, un ancien terrier d'oryctérope ou un terrier qu'il a creusé lui-même.

En Europe, c'est le seul porc-épic, et on ne le trouve qu'en Italie, sur la péninsule et en Sicile. Mais comment est-il arrivé là ? On a longtemps dit que les Romains l'avaient rapporté d'Afrique du Nord, pour le chasser ou le manger. Aucun document ne le prouve pourtant : il n'apparaît ni dans les images ni dans les restes d'animaux retrouvés à Pompéi, et l'auteur romain Pline l'Ancien disait les porcs-épics communs en Inde et en Afrique, sans parler de l'Italie. Les plus anciens restes de l'espèce connus en Italie datent de 560 à 720 après J.-C. : ils ont été trouvés à San Giovanni di Ruoti, en Basilicate.

Pour de nombreux chercheurs, il a donc été introduit par l'humain, plutôt à la fin de l'Antiquité ou au début du Moyen Âge, et peut-être en plusieurs fois. Selon une étude génétique, ses ancêtres viendraient d'Afrique du Nord, très probablement de Tunisie, et seraient arrivés il y a 1 500 à 2 500 ans. D'autres chercheurs y voient au contraire une présence naturelle : le débat n'est pas totalement clos. Quant aux porcs-épics qui vivaient en Europe à la préhistoire, il s'agissait, d'après la plupart des spécialistes, d'autres espèces, aujourd'hui disparues.

Que mange-t-il ?

Des racines, des fruits… et des os

Le porc-épic à crête est presque entièrement végétarien. Il se nourrit de racines, de tubercules, de bulbes et de rhizomes, ces tiges souterraines gorgées de réserves. Il ronge aussi l'écorce et ramasse les fruits tombés au sol. En Italie, il raffole du raisin, dont il se gave volontiers ! Pour trouver à manger, il peut parcourir de longues distances.

Il lui arrive aussi d'avaler des insectes, de petits vertébrés ou des charognes. Et il ronge des os, qu'il rapporte parfois dans son terrier : ils lui apportent du calcium et l'aident à garder ses incisives bien affûtées. Ses dents du fond, à couronne haute, broient les végétaux, et des micro-organismes de son intestin l'aident à digérer les fibres les plus coriaces.

Ce gourmand fait aussi des dégâts dans les champs : maïs, citrouilles, patates douces, manioc, arachides, pommes de terre ou melons. Il ronge même l'écorce des hévéas, les arbres à caoutchouc. Pas étonnant que beaucoup d'agriculteurs le considèrent comme un nuisible.

Protection

Pas menacé, mais pourchassé

L'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature, qui tient la liste rouge des espèces menacées) classe le porc-épic à crête en « préoccupation mineure » depuis sa dernière évaluation, en 2016. Il vit dans plus de trente pays d'Afrique et en Italie, où la liste rouge nationale le classe, elle aussi, en « préoccupation mineure ».

Il n'est pas tranquille pour autant. En Afrique, il est chassé pour sa viande, très appréciée, souvent illégalement, et tué parce qu'il abîme les cultures. Ses piquants servent depuis longtemps d'ornements et de porte-bonheur. En Afrique du Nord, des chercheurs s'inquiètent pour l'avenir de la sous-espèce locale. En Italie, le braconnage pour sa viande continue par endroits, et les collisions avec les voitures sont l'une de ses principales causes de mort.

En Italie, il est protégé par la loi depuis plus de quarante ans : sa chasse y est interdite. Il figure aussi dans la directive européenne « Habitats » et dans la convention de Berne, deux textes qui protègent la faune sauvage d'Europe.

La bonne nouvelle

Depuis qu'il est protégé, et grâce au retour des forêts et des friches dans les montagnes délaissées par l'agriculture, il gagne du terrain en Italie. Jusqu'aux années 1970, il ne vivait qu'au centre et au sud du pays. Il a depuis franchi l'Arno, puis la plaine du Pô : on l'a signalé en Lombardie dès 1999 et dans le Piémont à partir de 2003. En 2020, des piquants trouvés dans le Tyrol du Sud, au pied des Alpes, constituaient alors le signalement le plus au nord de l'espèce en Europe.

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