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Ours brun, illustration

🌴 Forêts et jungles

Ours brun

Le géant gourmand de l'hémisphère Nord · Ursus arctos

Des Pyrénées à l'Alaska, l'ours brun est l'ours le plus répandu de la planète, et l'un des plus variables : une ourse des Pyrénées pèse environ 90 kg, un mâle de l'île Kodiak jusqu'à plus de 600 kg ! Ce colosse se nourrit pourtant surtout de plantes dans bien des régions, certains grizzlys pourraient avaler environ 40 000 papillons de nuit par jour, et il passe parfois jusqu'à huit mois dans sa tanière, sans manger ni boire.

Fiche express

Taille

1 à 2,8 m

de long ; jusqu'à 3 m debout pour les plus grands

Poids

De 80 à plus de 600 kg

selon la région ; mâles bien plus lourds

Habitat

Forêts et montagnes

d'Eurasie et d'Amérique du Nord, jusqu'à la toundra

Menu

Omnivore

plantes, baies, saumons, insectes…

Hibernation

Jusqu'à 8 mois

dans le Grand Nord, sans manger ni boire

Statut

Préoccupation mineure

évalué en 2016

Où vit-il ?

L'ours le plus répandu du monde

L'ours brun est l'ours le plus répandu de la planète. Il vit en Europe, au Moyen-Orient, dans une grande partie de l'Asie, de la Russie à l'Asie centrale et jusqu'à l'île japonaise d'Hokkaido, ainsi que dans le nord-ouest de l'Amérique du Nord : en Alaska, dans l'ouest du Canada et dans le nord-ouest des États-Unis, notamment dans la région de Yellowstone, qui en compte plus de 700. Il fréquente surtout les forêts, mais aussi les montagnes, les prairies, la toundra et même des régions semi-désertiques.

Selon l'UICN, il y en aurait plus de 200 000 dans le monde : plus de 100 000 en Russie, environ 33 000 aux États-Unis, presque tous en Alaska, 25 000 au Canada et un peu plus de 15 000 en Europe, où plusieurs populations sont toutes petites et isolées. Il a aussi disparu de régions entières, comme l'Afrique du Nord, où vivait l'ours de l'Atlas, chassé jusqu'au dernier.

En France, il ne vit plus que dans les Pyrénées. Les ours y passent librement d'un pays à l'autre, sur environ 7 000 km². En 2025, selon l'Office français de la biodiversité (OFB), 41 % des ours repérés ne l'ont été qu'en France, 29 % seulement en Espagne ou en Andorre, et 30 % des deux côtés de la frontière.

Que mange-t-il ?

Des baies, des saumons… et des papillons

L'ours brun est omnivore : il mange un peu de tout, selon la saison et l'endroit. Dans beaucoup de régions, les plantes forment l'essentiel de son menu : herbes, racines, bulbes, baies, glands, faines ou châtaignes. Dans les Pyrénées, elles représentent en moyenne environ 70 % de ce qu'il mange. Il y ajoute des insectes, du miel, des petits rongeurs, des charognes, et parfois des caribous ou des élans, surtout des jeunes. Dans les Pyrénées, il lui arrive aussi de s'attaquer à des brebis ou à des ruches.

Sur les côtes de l'Alaska, il se régale surtout de saumons, qu'il attrape quand ils remontent les rivières pour se reproduire. Sur l'île Kodiak, le saumon fournit environ 64 % de son menu, contre 26 % pour les plantes.

À la fin de l'été et en automne, il mange presque sans arrêt pour faire des réserves avant l'hiver. Autour de Yellowstone, un grizzly peut alors avaler environ 20 000 kilocalories par jour, contre 5 000 à 8 000 en temps normal. En Alaska, un ours brun peut ainsi prendre de 1,4 à 2,7 kg de graisse par jour !

40 000C'est le nombre de papillons de nuit qu'un grizzly pourrait avaler en une journée, selon une étude menée sur les sommets du parc national de Glacier, aux États-Unis. Ces papillons, qui viennent y passer l'été, sont gorgés de graisse.
Protection

Répandu, mais fragile par endroits

L'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature, qui tient la liste rouge des espèces menacées) classe l'ours brun en « préoccupation mineure » depuis sa dernière évaluation mondiale, réalisée en février 2016 et publiée en 2017. Avec plus de 200 000 individus sur trois continents, l'espèce reste nombreuse et très répandue.

Mais plusieurs populations sont petites et isolées, surtout en Europe. Ses menaces : la chasse ou les abattages quand ils ne sont pas maîtrisés, le braconnage, notamment pour sa vésicule biliaire et ses pattes dans l'Extrême-Orient russe, la destruction et le morcellement de son habitat par les routes, les barrages, l'exploitation des forêts et l'agriculture, et, dans certaines régions, le déclin des saumons. Les ours attirés par la nourriture des humains sont aussi en danger.

En France, la liste rouge nationale le classe « en danger critique ». Au début du XXe siècle, quelque 150 ours vivaient encore dans les Pyrénées ; en 1995, il n'en restait que 5 ou 6. En 2004, Cannelle, la dernière femelle de souche pyrénéenne, a été tuée par un chasseur. Pour sauver les ours des Pyrénées, des ours venus de Slovénie ont été relâchés : trois en 1996 et 1997, cinq en 2006, un mâle en Catalogne en 2016 et deux femelles en Béarn en 2018. L'ours est protégé par la loi, mais la population reste fragile : sa diversité génétique est faible, et la consanguinité, c'est-à-dire la reproduction entre ours apparentés, augmente.

La bonne nouvelle

Trente ans après les premiers lâchers, les ours des Pyrénées sont bien plus nombreux : en 2025, l'OFB a détecté au moins 108 ours différents, et estime leur nombre réel entre 109 et 143. Entre 2006 et 2024, la population a augmenté en moyenne de plus de 11 % par an. Et sur les 24 oursons nés en 2024, au moins 22 ont été revus vivants l'année suivante !

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