Animalbum
Markhor, illustration

🏔️ Montagnes

Markhor

Le tire-bouchon des montagnes · Capra falconeri

Des cornes en tire-bouchon qui peuvent atteindre 1,60 m chez les plus grands mâles, une barbe de patriarche et un nom qui évoquerait un « mangeur de serpents »… pour un animal qui ne mange que des plantes ! Animal national du Pakistan, le markhor revient de loin : au Tadjikistan, on en comptait moins de 500 dans les années 1990, et peut-être plus de 5 000 en 2022.

Fiche express

Taille

De 65 à 115 cm

au garrot ; de 1,32 à 1,86 m de long

Poids

De 32 à 110 kg

de 80 à 110 kg pour les mâles, de 32 à 50 kg pour les femelles

Habitat

Montagnes d'Asie

du Tadjikistan au Cachemire, entre 600 et 3 600 m d'altitude

Menu

Herbes et feuillages

herbes au printemps et en été ; feuilles, rameaux et arbustes en automne et en hiver

Cornes

Jusqu'à 1,60 m

chez les plus grands mâles ; 25 cm au plus chez la femelle

Statut

Quasi menacé

évaluation publiée en 2015

Où vit-il ?

Six pays, des chênes et des falaises

Le markhor est une chèvre sauvage des montagnes d'Asie centrale et d'Asie du Sud. On le trouve dans six pays : l'Afghanistan, le Pakistan, l'Inde, le Tadjikistan, l'Ouzbékistan et le Turkménistan. Au Pakistan, il vit dans le nord du pays, sur les pentes de l'Hindou Kouch, de l'Himalaya et du Karakoram, mais aussi plus au sud-ouest, jusque dans les montagnes du Baloutchistan. En Afghanistan, où il a été lourdement braconné, il est cantonné aux montagnes de l'est du pays. En Inde, il ne vit plus que dans une petite partie du Jammu-et-Cachemire, et son principal bastion est le parc national de Kazinag. Quant à l'Asie centrale, son territoire y est aujourd'hui bien plus réduit qu'autrefois.

Il fréquente des montagnes escarpées, entre 600 et 3 600 m d'altitude : des pentes rocheuses, des falaises, des broussailles et des forêts claires, où poussent notamment des chênes verts, des pins et des genévriers. Au Pakistan, on en compte de 1 à 9 par km², selon les endroits. Au printemps, les femelles restent près des falaises, où elles protègent mieux leurs petits.

Mais tous les markhors ne se ressemblent pas. On distingue plusieurs sous-espèces, c'est-à-dire des populations d'une même espèce qui diffèrent un peu les unes des autres, surtout par la forme de leurs cornes. Les spécialistes ne sont d'ailleurs pas d'accord sur leur nombre : beaucoup en reconnaissent trois, d'autres davantage. Le markhor « aux cornes évasées », comme celui d'Astor, vit en Afghanistan, au Pakistan et en Inde. Le markhor « aux cornes droites », comme ceux de Kaboul et du Suleiman, vit en Afghanistan et au Pakistan. Et le markhor de Boukhara vit en Afghanistan et en Asie centrale, au Tadjikistan, en Ouzbékistan et au Turkménistan.

Que mange-t-il ?

Herbe l'été, branches l'hiver

Le markhor est herbivore, et son menu change avec les saisons. Au printemps et en été, il broute surtout des herbes. En automne et en hiver, il se rabat sur les feuilles, les rameaux et les arbustes. Et pour atteindre les branches les plus hautes, il n'hésite pas à se dresser sur ses pattes arrière !

Comme la chèvre domestique, c'est un ruminant : après avoir avalé sa nourriture, il la fait remonter dans sa bouche pour la mâcher une seconde fois. Et il rend service à la montagne : en mangeant des herbes sauvages, il aide à disperser leurs graines.

Mais il doit partager ses pâturages avec les troupeaux des éleveurs. Au Pakistan, il broute tout près des chèvres domestiques, qui lui disputent sa nourriture. Au Cachemire indien, dans la région de Kazinag, des chercheurs ont comparé deux vallées, celles de Lachipora et de Limber. Leur constat, publié dans la revue Journal for Nature Conservation : quand les troupeaux sont là, le bétail, surtout des moutons et des chèvres, y est plus de 30 fois plus nombreux que les markhors ! Les markhors évitent les zones les plus pâturées, quitte à monter plus haut là où les troupeaux ne vont pas. Et dans la vallée de Limber, où le bétail est le plus nombreux, les markhors sont moins nombreux, et les jeunes d'un an sont extrêmement rares par rapport aux femelles adultes.

Protection

Moins menacé, mais pas tiré d'affaire

L'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature, qui tient la liste rouge des espèces menacées) classe le markhor « quasi menacé », c'est-à-dire proche des seuils d'une espèce menacée, depuis sa dernière évaluation, publiée en 2015. C'est un progrès : de 1994 à 2015, il était classé « en danger ». S'il a été reclassé, c'est parce que les efforts de conservation ont fait remonter ses effectifs dans plusieurs régions : on estimait alors qu'il restait plus de 5 000 markhors adultes. Mais le chiffre reste modeste : en 2024, l'ONU parlait encore de moins de 6 000 adultes dans le monde. Depuis 1992, il est aussi inscrit à l'annexe I de la CITES, la convention qui encadre le commerce international des espèces sauvages : cette annexe regroupe les espèces menacées d'extinction.

Ses menaces restent nombreuses. Le braconnage, pour sa viande et ses cornes, est la plus grave. Il souffre aussi de la destruction de ses forêts, coupées pour le bois de chauffage, de la concurrence du bétail et du changement climatique. Et les chèvres domestiques lui posent d'autres problèmes : les markhors peuvent se croiser avec elles, et elles peuvent leur transmettre des maladies. En septembre et octobre 2010, au Tadjikistan, une pneumonie due à une bactérie, Mycoplasma capricolum, probablement transmise par des chèvres domestiques, a tué au moins 65 markhors.

La bonne nouvelle

Le markhor remonte la pente ! Au Tadjikistan, on en comptait moins de 500 dans les années 1990. En 2017, ils étaient environ 1 900, dont 85 % dans des zones de conservation dont les gardes sont recrutés parmi la population locale. Et en mars 2022, cinq équipes ont parcouru en 15 jours environ 2 000 km² de montagnes, dans dix de ces zones : selon les premières analyses, publiées dans la revue Oryx, le pays compterait désormais plus de 5 000 markhors ! Au Pakistan aussi, selon l'ONU, ses effectifs ont augmenté au cours des dix dernières années.

La suite est réservée aux collectionneurs

Animalbum est un jeu de collection gratuit : chaque animal est une carte à collectionner. Trouve la sienne en jouant pour lire :

Commencer ma collection

Gratuit pour toujours · une nouvelle carte chaque jour

Déjà joueur ? Me connecter

D'autres animaux : montagnes

Voir tous les animaux