Animalbum
Macaque japonais, illustration

🏔️ Montagnes

Macaque japonais

Le singe des neiges · Macaca fuscata

À part l'humain, aucun primate ne vit aussi loin au nord que le macaque japonais, capable d'affronter des hivers à −20 °C. Certains se prélassent dans une source chaude, d'autres ont appris à laver leurs patates douces : ce « singe des neiges » a plus d'un tour dans son sac !

Fiche express

Taille

47 à 60 cm

sans la queue, qui ne fait que 7 à 12 cm

Poids

Environ 11 kg

pour le mâle, en moyenne ; 8,4 kg pour la femelle

Habitat

Forêts du Japon

jusqu'à plus de 3 000 m d'altitude

Menu

Surtout des plantes

fruits, graines, feuilles, écorce, insectes…

Froid

Jusqu'à −20 °C

en hiver, dans les régions les plus froides

Statut

Préoccupation mineure

évalué en 2015

Où vit-il ?

Le plus nordique des primates… après nous

Le macaque japonais ne vit qu'au Japon. On le trouve sur trois des quatre grandes îles du pays, Honshu, Shikoku et Kyushu, ainsi que sur plusieurs îles plus petites. Il est absent de Hokkaido, la grande île du nord, et des îles Ryukyu, autour d'Okinawa. Les scientifiques distinguent deux sous-espèces : celle des grandes îles, et le macaque de Yakushima, qui ne vit que sur cette île au sud de Kyushu, tout au sud de son aire de répartition.

À part l'humain, aucun primate ne vit aussi loin au nord : ses populations les plus septentrionales occupent la péninsule de Shimokita, à la pointe nord de Honshu, dans la préfecture d'Aomori. Dans le nord de Honshu, la neige peut couvrir le sol jusqu'à un tiers de l'année, et atteindre par endroits 2 à 3 m d'épaisseur. Dans le nord-est de l'île, ses populations sont d'ailleurs plus clairsemées et isolées.

Il habite surtout les forêts : des forêts de feuillus qui perdent leurs feuilles en hiver dans le nord, des forêts toujours vertes dans le sud. On l'a observé jusqu'à 3 180 m d'altitude, mais en hiver, il redescend en général sous 1 800 m.

Que mange-t-il ?

Le singe qui lavait ses patates

Le macaque japonais mange de tout, mais surtout des plantes : plus de 213 espèces végétales figurent à son menu ! Fruits, glands et autres graines, jeunes feuilles, fleurs, champignons : son repas change au fil des saisons. Il croque aussi des insectes. En hiver, il se contente d'écorce et de feuilles dures et fibreuses. Dans le nord, il doit faire des réserves de graisse avant l'hiver, en se gavant de fruits et de noix. Quand la nourriture manque, il déterre des racines, mange de la terre et parfois même du poisson.

Sur Koshima, une petite île au large de Kyushu, dans le sud du Japon, des chercheurs de l'université de Kyoto ont réussi en 1952, pour la première fois au Japon, à nourrir un groupe de macaques sauvages, notamment avec des patates douces déposées sur la plage. En 1953, une femelle d'un an et demi, baptisée Imo (« patate » en japonais), s'est mise à laver ses patates dans l'eau douce pour en retirer le sable, au lieu de les frotter comme les autres. C'est une institutrice qui aidait les chercheurs, Satsue Mito, qui l'a remarqué la première.

Sa mère et ses camarades de jeu l'ont imitée, puis les mères de ces derniers. Le geste s'est transmis de génération en génération, jusqu'à gagner presque tout le groupe, sauf les plus âgés. Plus tard, Imo a aussi trempé ses patates dans la mer, peut-être pour leur goût salé. Elle a même inventé une astuce pour trier le blé mélangé au sable : elle jetait le tout dans l'eau, puis ramassait les grains qui remontaient flotter. Pour les scientifiques, c'est un bel exemple de « culture » chez les animaux : une habitude inventée par un individu, puis transmise par imitation.

Protection

Un voisin parfois encombrant

L'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature, qui tient la liste rouge des espèces menacées) le classe en « préoccupation mineure » depuis sa dernière évaluation, réalisée en 2015 et publiée en 2020. Sa population sauvage est estimée à environ 100 000 individus, voire plus. Sa chasse est interdite au Japon depuis 1947. Mais le ministère japonais de l'Environnement considère certaines populations locales comme menacées de disparition.

Son principal problème : la cohabitation avec les humains. Dans bien des régions, ses forêts naturelles ont été remplacées par des plantations de conifères, et les macaques se rabattent sur les champs et les vergers : avec le sanglier et le cerf, il compte parmi les animaux sauvages qui abîment le plus les cultures au Japon. Plus de 10 000 macaques sont abattus chaque année pour protéger les récoltes. Sur l'île de Yakushima, où plus de 1 000 macaques sont tués chaque année depuis 2009, une étude publiée en 2017 a montré qu'ils avaient nettement diminué depuis le début des années 1990 dans le nord et l'est de l'île, là où la chasse est la plus intense. Les chercheurs conseillent de privilégier les moyens de protection qui ne tuent pas.

Autre souci : dans certaines régions, d'autres espèces de macaques introduites par l'humain, comme le macaque rhésus ou le macaque de Formose, peuvent se croiser avec lui.

La bonne nouvelle

Le macaque japonais reste répandu dans une grande partie du Japon, et aucun déclin grave de l'espèce dans son ensemble n'a été signalé. À Jigokudani, l'étude de 2018 a même montré que les quelque 500 visiteurs qui viennent chaque jour admirer les « singes des neiges » ne font pas grimper leurs hormones du stress.

La suite est réservée aux collectionneurs

Animalbum est un jeu de collection gratuit : chaque animal est une carte à collectionner. Trouve la sienne en jouant pour lire :

Commencer ma collection

Gratuit pour toujours · une nouvelle carte chaque jour

Déjà joueur ? Me connecter

D'autres animaux : montagnes

Voir tous les animaux