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Grand requin blanc, illustration

🌊 Océans

Grand requin blanc

Le grand chasseur des mers tempérées · Carcharodon carcharias

Jusqu'à 6 m de long, environ 300 dents et un corps plus chaud que l'eau qui l'entoure : le grand requin blanc est un chasseur redoutable, qui pourrait vivre plus de 70 ans. Mais il est bien loin du monstre des Dents de la mer : adulte, il chasse surtout les phoques et les otaries… et c'est lui qui est aujourd'hui menacé !

Fiche express

Taille

Jusqu'à 6 m environ

la femelle est plus grande

Poids

Jusqu'à 2 t environ

voire plus pour les plus gros

Habitat

Mers tempérées

de tous les océans, côtes et large

Menu

Phoques et poissons

otaries, dauphins, raies, calmars…

Longévité

70 ans et plus

selon les estimations récentes

Statut

Vulnérable

évalué en 2018

Où vit-il ?

Des mers tempérées du monde entier

Le grand requin blanc vit dans presque tous les océans, surtout dans les eaux tempérées, entre 10 et 27 °C environ. On le trouve des côtes jusqu'au grand large, et de la surface jusqu'à plus de 1 200 m de profondeur. Il est particulièrement présent au large de l'Afrique du Sud, de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande et des États-Unis. Les jeunes, eux, grandissent près des côtes.

Et en Méditerranée ? Il y vit bel et bien, mais il y est devenu très rare. Le détroit de Sicile, où des femelles gestantes et des nouveau-nés ont été signalés, pourrait lui servir de zone de reproduction. En novembre 2024, un requin blanc de 3,5 à 4 m a été filmé près de Porquerolles, dans le parc national de Port-Cros : c'était seulement le 23e signalement connu en Provence-Alpes-Côte d'Azur depuis le Moyen Âge.

Que mange-t-il ?

Le chasseur de phoques

Jeune, le grand requin blanc mange surtout des poissons, dont des raies et de petits requins, et des calmars. En grandissant, il s'attaque de plus en plus aux phoques, aux otaries, aux éléphants de mer et aux dauphins. Il ne dédaigne pas les cadavres de baleines. Il mord parfois des oiseaux marins ou des loutres de mer, mais les abandonne souvent sans les manger.

En Afrique du Sud, autour de Seal Island, l'« île aux Phoques », il guette les jeunes otaries qui rentrent seules vers l'île. Il surgit des profondeurs, parfois de 20 m plus bas, et remonte en quelques secondes à plus de 20 km/h, au point de jaillir parfois entièrement hors de l'eau ! Entre 1997 et 2003, des chercheurs y ont observé plus de 2 000 attaques.

55 %C'est son meilleur taux de réussite à Seal Island, dans l'heure qui suit le lever du soleil, quand la lumière est encore faible. Plus le jour avance, moins il réussit.

Et l'humain ? Il ne fait pas partie de ses proies habituelles. Selon une étude de 2021, vus d'en dessous par un jeune requin blanc, qui voit mal les détails, un nageur ou un surfeur ressemblent à un phoque : certaines morsures seraient donc des erreurs.

Protection

Plus menacé que menaçant

L'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature, qui tient la liste rouge des espèces menacées) le classe « vulnérable » depuis sa dernière évaluation mondiale, réalisée en 2018 et publiée en 2019. Ses effectifs auraient diminué de 30 à 49 % en trois générations, soit environ 160 ans. En Méditerranée, où sa population aurait reculé de 61 % depuis la seconde moitié du XXe siècle, il est même classé « en danger critique » depuis 2016.

Depuis Les Dents de la mer (le roman en 1974, le film en 1975), il passe pour un « mangeur d'hommes ». C'est vrai, il est le requin à qui l'on attribue le plus de morsures mortelles. Mais le registre mondial des morsures de requins (ISAF), tenu par le Muséum d'histoire naturelle de Floride, ne lui en attribue que 351 non provoquées depuis 1580, dont 59 mortelles. En 2025, tous requins confondus, il en a recensé 65 dans le monde, dont 9 mortelles : la noyade et la foudre tuent bien plus.

Ses vraies menaces : les captures accidentelles, les programmes de « contrôle » des requins près de certaines plages d'Australie et d'Afrique du Sud, la pêche au trophée et le commerce de ses mâchoires, de ses dents et de ses ailerons. Comme il fait peu de petits, et très tard, sa population se reconstitue lentement. L'Afrique du Sud a été le premier pays à le protéger, au début des années 1990 ; aujourd'hui, l'Union européenne interdit de le pêcher, de le garder à bord ou de le vendre.

La bonne nouvelle

Le long de la côte est des États-Unis, où il est protégé depuis la fin des années 1990, ses effectifs augmentent à nouveau, selon l'agence américaine des océans (NOAA). Dans le nord-est du Pacifique, sa population semble elle aussi en hausse.

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