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Gnou bleu, illustration

🌾 Savanes et steppes

Gnou bleu

Le grand migrateur de la savane · Connochaetes taurinus

Chaque année, des centaines de milliers de gnous bleus suivent les pluies entre la Tanzanie et le Kenya, quitte à se jeter dans les eaux de la rivière Mara, où guettent les crocodiles. Leurs petits, eux, tiennent debout quelques minutes à peine après leur naissance, et suivent aussitôt le troupeau !

Fiche express

Taille

1,7 à 2,4 m

sans la queue ; 1,15 à 1,45 m au garrot

Poids

140 à 290 kg

le mâle est plus lourd que la femelle

Habitat

Savanes

d'Afrique de l'Est et du Sud

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Herbe

courte et tendre, de préférence

Vitesse

Environ 80 km/h

en pointe, au galop

Statut

Préoccupation mineure

évalué en 2016

Où vit-il ?

Du Kenya à l'Afrique du Sud

Le gnou bleu vit dans l'est et le sud de l'Afrique : du Kenya et de la Tanzanie jusqu'en Afrique du Sud, en passant notamment par la Zambie, le Mozambique, le Zimbabwe, le Botswana, la Namibie et l'Angola. On y distingue en général cinq sous-espèces, et certains spécialistes proposent même d'en élever plusieurs au rang d'espèces à part entière. La plus répandue vit en Afrique australe ; une autre s'étend du nord du Zambèze jusqu'au centre-est de la Tanzanie ; une troisième ne vit que dans la vallée de la Luangwa, en Zambie ; les deux dernières occupent le Kenya et le nord de la Tanzanie.

Il aime les savanes ouvertes ou parsemées de buissons, et surtout les plaines d'herbe rase en bordure des savanes boisées d'acacias. Comme il doit boire souvent, il lui faut de l'eau à proximité.

Selon les régions, il est sédentaire ou migrateur. Beaucoup de gnous passent toute l'année dans le même secteur. Mais là où l'herbe et l'eau se déplacent avec les saisons, ils partent en voyage, parfois par centaines de milliers. C'est le cas dans l'écosystème Serengeti-Mara, entre le nord de la Tanzanie et le sud du Kenya, où se déroule leur migration la plus célèbre.

Que mange-t-il ?

Un brouteur qui suit la pluie

Le gnou bleu est un brouteur : il se nourrit presque uniquement d'herbe, de préférence courte, verte et tendre. Il doit aussi boire souvent : jusqu'à deux fois par jour quand il le peut.

Dans le Serengeti, l'herbe qui pousse à la saison des pluies sur les plaines du sud est si riche que les gnous y resteraient sans doute toute l'année… si elle ne cessait pas de pousser à la fin des pluies. C'est donc la faim, et la soif, qui les mettent en route : ils suivent les pluies et l'herbe qui repousse après elles.

Il partage les pâturages avec les zèbres et les gazelles, chacun à sa façon. Les zèbres s'attaquent aux herbes hautes et plus dures, et mettent à nu les pousses plus vertes que le gnou préfère. Les gazelles, elles, profitent de l'herbe qui repousse là où les gnous sont passés : en la tondant, ils rendent plus faciles d'accès de petites plantes à fleurs très nourrissantes.

Protection

Nombreux, mais sous surveillance

L'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature, qui tient la liste rouge des espèces menacées) classe le gnou bleu en « préoccupation mineure » depuis sa dernière évaluation, publiée en 2016. Selon les estimations retenues alors, il y en aurait environ 1,5 million, dont la grande majorité dans l'écosystème Serengeti-Mara.

Tout n'est pas rose pour autant. Au Kenya, les gnous qui vivent toute l'année dans la région du Masaï Mara, sans migrer, sont passés d'environ 119 000 en 1977 à environ 22 000 en 1997, surtout parce que les cultures ont envahi leurs pâturages de saison des pluies. Dans le Kalahari, au Botswana, des milliers de kilomètres de clôtures leur ont coupé l'accès à l'eau et aux pâturages : des dizaines de milliers de gnous y sont morts de faim. Aujourd'hui encore, les clôtures se multiplient, et l'extension des villages et des cultures, l'assèchement des points d'eau et le braconnage pour la viande le menacent.

Et combien sont-ils vraiment dans le Serengeti ? En mars 2023, le recensement aérien de l'Institut tanzanien de recherche sur la faune (TAWIRI) estimait le troupeau à environ 1,37 million de gnous, avec une marge d'incertitude importante. Mais en septembre 2025, une équipe menée par l'université d'Oxford a publié un comptage réalisé sur des images satellites d'août 2023, analysées par intelligence artificielle : elle n'en a trouvé qu'environ 500 000 à 530 000. Les chercheurs ne concluent pas pour autant à un effondrement : les gnous ont pu changer d'itinéraire, et seuls des comptages menés en même temps par avion et par satellite permettront de trancher.

La bonne nouvelle

En Afrique du Sud, le gnou bleu se porte bien : selon la Liste rouge des mammifères d'Afrique du Sud, publiée en 2016, ses effectifs y sont stables, voire en hausse, et la plupart de ses populations vivant dans des aires protégées ont augmenté.

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