
🌴 Forêts et jungles
La rôdeuse aux anneaux · Genetta genetta
Ni chat, ni fouine : la genette commune est le seul viverridé d'Europe, une cousine des civettes venue d'Afrique du Nord il y a au moins 1 250 ans. Cette chasseuse de la nuit est si discrète qu'on la voit rarement vivante… mais elle laisse sa signature : des crottes d'environ 15 cm, entassées dans de véritables toilettes communes, les crottiers !
Taille
De 43 à 55 cm
sans la queue, presque aussi longue : de 33 à 53 cm selon les sources
Poids
De 1,5 à 2 kg environ
le plus souvent ; de 1 à 3 kg au plus, selon les sources
Habitat
Bois et broussailles
touffus, en Afrique, en Arabie et dans le sud-ouest de l'Europe ; elle évite les milieux ouverts
Menu
Surtout des mulots
mais aussi loirs, oiseaux, insectes, lézards… et des fruits
Arrivée en Europe
Il y a au moins 1 250 ans
d'après le plus vieil os de genette daté en Europe, trouvé dans la région de Malaga
Statut
Préoccupation mineure
évaluation publiée en 2015
La genette commune est une Africaine. On la trouve en Afrique du Nord, au Maroc, en Algérie et en Tunisie, et dans de vastes régions d'Afrique au sud du Sahara, de l'ouest à l'est du continent et jusqu'en Afrique australe, même si la classification des genettes de cette région fait encore débat. Elle vit aussi sur les côtes de la péninsule Arabique, au Yémen et à Oman. En Europe, enfin, elle occupe la péninsule Ibérique, les îles Baléares, une partie de la France et le nord-ouest de l'Italie. Partout, elle évite les milieux trop ouverts. En Europe, elle recherche les forêts de chênes et de pins, les oliveraies et les broussailles, et se fait rare dans les marais et les champs de céréales.
En France, elle vit surtout dans le Sud-Ouest et en Provence, en gros au sud d'une ligne qui irait de Nantes à Menton. Longtemps, la Loire au nord et le Rhône à l'est ont semblé lui barrer la route. Mais selon la LPO de Provence-Alpes-Côte d'Azur, elle aurait franchi le Rhône dans les années 1950-1960, avant de gagner peu à peu la Provence. Comment ? Pour l'équipe de Philippe Gaubert, qui a étudié sa progression dans le sud-est de la France et en Italie, elle a pu traverser le fleuve… grâce aux ponts ! Et elle préfère rester à basse altitude : en Provence-Alpes-Côte d'Azur, elle se fait très rare au-dessus de 1 000 m.
Mais comment une Africaine est-elle arrivée jusqu'ici ? Pour la plupart des spécialistes, c'est l'homme qui l'a amenée. Selon les études génétiques de Philippe Gaubert et de ses collègues, les genettes d'Europe descendent de genettes d'Afrique du Nord, peut-être d'Algérie du Nord, introduites en petit nombre avant de se répandre rapidement. Pour l'époque et la manière, en revanche, on en est réduit aux hypothèses. On a longtemps pensé qu'elle était arrivée avec les conquérants musulmans, qui ont pris la péninsule Ibérique au VIIIe siècle. En 2015, une étude génétique a proposé une arrivée bien plus ancienne, peut-être par les routes commerciales des Phéniciens. Puis, en 2019, l'équipe de Miguel Delibes a daté au carbone 14 un morceau de mâchoire de genette retrouvé dans un abri sous roche de la région de Malaga : il remonte à une période comprise entre 656 et 773 de notre ère. C'est la plus vieille genette connue en Europe, environ cinq siècles plus ancienne que la précédente, et il y a à peu près une chance sur deux qu'elle ait vécu avant 711, l'année où débute la conquête musulmane. Pour ces chercheurs, la lignée de genettes la plus répandue en Europe serait bien liée aux musulmans, mais une première introduction aurait pu avoir lieu plus tôt, par les Phéniciens ou, plus probablement, par leurs héritiers carthaginois. Quant aux genettes des Baléares, elles seraient arrivées d'Afrique du Nord de leur côté.
La genette est avant tout une chasseuse de petits rongeurs, et sa proie favorite est le mulot sylvestre. Pour le savoir, les naturalistes ont… fouillé ses crottes ! En Provence-Alpes-Côte d'Azur, la LPO en a analysé 2 502, qui contenaient 10 400 proies. Les mammifères représentaient 60 % de ces proies, et le mulot à lui seul plus de la moitié : on l'a retrouvé dans 260 des 265 crottiers étudiés. Venaient ensuite les insectes, les fruits et les oiseaux. Mais toutes les proies ne se valent pas : les insectes formaient près de 17 % des proies, mais à peine plus de 1 % de la nourriture avalée, en poids.
Son menu change selon les lieux et les saisons. Dans le Var, sa proie la plus fréquente est le loir, et dans l'Hérault, ce sont les insectes. Dans un crottier des Hautes-Alpes, les insectes formaient même 98 % des proies, alors qu'un crottier de Camargue contenait des restes d'amphibiens, de reptiles et d'écrevisses. Dans le parc national des Calanques, près de Marseille, ce sont ses crottes qui ont trahi une genette filmée par les agents du parc : leur analyse a montré qu'elle se nourrissait notamment de loirs. La genette croque aussi des oiseaux et leurs œufs, des lézards, des grenouilles, des mille-pattes et des scorpions… et, surtout en automne, des mûres, des raisins, des figues ou des olives. À Ibiza, aux Baléares, les reptiles peuvent même représenter jusqu'à 30 % de son menu.
Pour chasser, elle compte sur son odorat, son ouïe et sa vue. Elle peut foncer droit sur sa proie, ou s'en approcher discrètement, par petites courses entrecoupées de pauses. Elle attrape les petits rongeurs par derrière et les tue d'une morsure à la nuque ou à la tête, puis les avale en général la tête la première. Une chasseuse aussi efficace rend service : selon les spécialistes, elle contribue probablement à limiter les populations de rongeurs.
L'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature, qui tient la liste rouge des espèces menacées) classe la genette commune en « préoccupation mineure » depuis sa dernière évaluation, publiée en 2015. Il faut dire qu'elle vit sur un immense territoire et s'accommode de milieux très variés. En France aussi, la liste rouge nationale des mammifères, établie en 2017, la classe en « préoccupation mineure ». Fait curieux : bien qu'elle ait sans doute été amenée par l'homme, elle n'y est pas traitée comme une espèce introduite, car cette liste ne range dans cette catégorie que les espèces introduites après l'an 1500.
Chez nous, elle est surtout protégée par la loi. Depuis un arrêté du 17 avril 1981, il est interdit partout en France de la tuer, de la capturer ou de la vendre. Aujourd'hui, c'est l'arrêté du 23 avril 2007 qui la protège : il interdit en tout temps de la détruire, de la capturer ou de la perturber volontairement dans la nature, de détruire ou d'abîmer ses sites de reproduction et ses lieux de repos, et de la détenir, de la transporter, de la naturaliser ou de la vendre. Elle figure aussi à l'annexe III de la convention de Berne et à l'annexe V de la directive européenne « Habitats », deux textes qui encadrent son exploitation en Europe.
Ses menaces restent limitées. Elle meurt parfois écrasée sur les routes : en Provence-Alpes-Côte d'Azur, les genettes tuées par des voitures sont même, avec les crottiers, l'un des principaux indices de sa présence. Elle est aussi parfois tuée parce qu'elle s'en prend aux volailles, notamment en Afrique. En Afrique du Nord et dans certaines régions d'Afrique australe, elle est chassée pour sa fourrure ; au Portugal, elle se fait prendre dans des pièges destinés aux prédateurs ; et à Ibiza, elle perd du terrain à cause de l'urbanisation.
La genette gagne du terrain ! En 2008, l'équipe de Philippe Gaubert a rassemblé 110 observations, pour la plupart nouvelles, dans le sud-est de la France et en Italie : les observations connues dans cette région ont été multipliées par 13 environ. Et en juin 2020, le Muséum d'histoire naturelle de Genève a annoncé qu'une genette avait été filmée par des caméras infrarouges dans une forêt de Bernex, dans le canton de Genève, après d'autres observations juste de l'autre côté de la frontière, en Haute-Savoie. Pour les auteurs de l'étude, ce n'était pas une évadée de zoo, mais le signe d'une expansion naturelle, en cours en Europe de l'Ouest. Ils s'attendent d'ailleurs à voir de plus en plus de genettes dans l'ouest de la Suisse au cours des prochaines décennies.
Animalbum est un jeu de collection gratuit : chaque animal est une carte à collectionner. Trouve la sienne en jouant pour lire :
Gratuit pour toujours · une nouvelle carte chaque jour
Déjà joueur ? Me connecterAnimalbum sur ton téléphone
Installe l'appli pour retrouver ta carte du jour en un seul geste. C'est gratuit et sans store.
Installation en cours…
Ne ferme pas cette page, ça prend quelques secondes.
C'est installé !
Retrouve l'icône Animalbum sur l'écran d'accueil de ton téléphone.
Installer sur Android
Deux gestes, et c'est fait :
Le menu ⋮ se trouve en haut à droite de l'écran.
Installe Animalbum avec Chrome
Samsung Internet bloque l'installation. Passe par Chrome, c'est rapide :
Installer avec Firefox
Deux gestes, et c'est fait :
Pas dans la liste ? Touche « Plus » dans le menu.
Ouvre Animalbum dans Chrome
Tu es dans le navigateur d'une appli (Facebook, Instagram…) : il ne permet pas d'installer Animalbum.
Ou copie le lien et colle-le dans Chrome :
Installer sur ton téléphone
Deux gestes, et c'est fait :
Le plus simple : ouvre animalbum.fr dans Chrome, l'installation s'y fait en un clic.
Installer sur iPhone
Deux gestes, et c'est fait :
Pas dans la liste ? Descends un peu, ou touche « Afficher plus ».
Installer sur iPhone
Deux gestes, et c'est fait :
Pas de barre ? Touche l'adresse du site pour la faire apparaître.
Installer sur iPhone
Deux gestes, et c'est fait :
Ça ne marche pas ? Ouvre animalbum.fr dans Safari.
Ouvre Animalbum dans Safari
Tu es dans le navigateur d'une appli (Facebook, Instagram…) : il ne permet pas d'installer Animalbum.
Ou copie le lien et colle-le dans Safari :