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Aigle royal, illustration

🏔️ Montagnes

Aigle royal

Le seigneur des cimes · Aquila chrysaetos

Jusqu'à 2,20 m d'envergure, une nuque dorée et des serres redoutables : l'aigle royal est le grand seigneur des montagnes. Longtemps pourchassé en France, il y est protégé depuis 1972, et il reconquiert peu à peu ses anciens territoires !

Fiche express

Taille

De 70 à 90 cm

du bout du bec au bout de la queue

Poids

Environ 3 à 6,5 kg

la femelle est plus lourde que le mâle

Habitat

Montagnes

de l'Amérique du Nord à l'Asie, en passant par l'Europe

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Surtout des mammifères

marmottes, lièvres, lapins… et des oiseaux

Envergure

1,90 à 2,20 m

ailes grandes ouvertes

Statut

Préoccupation mineure

évalué en 2021

Où vit-il ?

Des Alpes à la Corse, et bien au-delà

L'aigle royal vit dans tout l'hémisphère Nord : en Amérique du Nord, surtout dans l'ouest du continent, en Europe et en Asie, jusqu'aux montagnes de l'Altaï, en Mongolie. Il habite surtout les régions montagneuses.

En France, il niche surtout dans les Alpes et les Pyrénées, mais aussi en Corse, dans les Corbières, en Provence et dans le sud du Massif central. Selon le Parc national des Cévennes et la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux), la France comptait en 2022 entre 625 et 644 couples nicheurs, dont 60 % dans les Alpes. Le Massif central en abritait au moins 41, dont 15 dans le Parc national des Cévennes. Des estimations plus anciennes, encore souvent citées, parlaient de 390 à 450 couples.

Il installe son nid, qu'on appelle une « aire », sur une falaise ou, plus rarement, dans un arbre, à une altitude qui va de 200 m à près de 2 000 m. En France, c'est un oiseau sédentaire : il ne migre pas. Un couple adulte occupe un domaine vital de 120 à 300 km², et défend surtout un territoire plus petit autour de son aire.

Que mange-t-il ?

Marmottes, lièvres et compagnie

L'aigle royal se nourrit surtout de mammifères de petite et moyenne taille : lièvres, lapins, marmottes, écureuils terrestres… Dans les Alpes, la marmotte est l'une de ses proies favorites : selon le canton de Fribourg, en Suisse, elle peut représenter jusqu'à 80 % de son alimentation pendant la période de reproduction. Dans le Parc national des Pyrénées, après l'envol d'un jeune, on a retrouvé dans son aire des restes de marmottes, d'un écureuil et de chevreaux d'isards, les chamois des Pyrénées.

Dans le Massif central, les mammifères représentent 60 % de son alimentation, mais il chasse aussi une quarantaine d'espèces d'oiseaux. Dans les Cévennes et les Grands Causses, ses proies principales sont les lièvres et les lapins, puis les oiseaux de taille moyenne et les petits carnivores, et enfin les rongeurs, les petits oiseaux, les rapaces et les reptiles. Il mange aussi des charognes, surtout en hiver. Selon le Parc national des Cévennes, il consomme en moyenne 200 à 300 g de viande par jour.

De temps en temps, il s'attaque à bien plus gros que lui : des mammifères à sabots, des coyotes, des blaireaux, ou de grands oiseaux comme des oies et des grues. Il ne chasse pas seulement en piqué : il peut aussi attendre au sol, devant un terrier, qu'un rongeur en sorte, et le poursuivre en volant s'il le faut.

Protection

Le grand retour après un siècle de persécutions

À l'échelle mondiale, l'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature, qui tient la liste rouge des espèces menacées) classe l'aigle royal en « préoccupation mineure » depuis sa dernière évaluation, réalisée par BirdLife International en 2021. En France, c'est une autre histoire : la liste rouge des oiseaux nicheurs de France métropolitaine, publiée en 2016, le classe « vulnérable », car sa population reste petite, même si elle augmente.

Pendant plus d'un siècle, on l'a tué délibérément. En 1925, il ne restait plus qu'une trentaine de couples entre l'Aude et l'Ardèche. Vers 1950, la myxomatose, une maladie qui a décimé les lapins, l'une de ses proies principales, a encore fait chuter ses effectifs de moitié dans cette région. Puis, en 1972, tous les rapaces ont été protégés dans toute la France : depuis, il est interdit de les tuer ou de les déranger, notamment sur leurs sites de reproduction.

Des menaces demeurent : l'électrocution et les collisions avec les lignes électriques, première cause de mort identifiée en Isère ; le dérangement par les parapentes, les hélicoptères ou les grimpeurs près des aires ; les éoliennes ; et le braconnage, en recul. L'aigle royal est très sensible au dérangement : une présence humaine près de son aire peut lui faire abandonner sa couvée. Pour le protéger, on neutralise les lignes électriques dangereuses ou on les équipe de dispositifs anti-collision, et le Parc national des Cévennes a été l'un des premiers à créer des zones de tranquillité autour des aires. Depuis 2012, environ 144 aiglons ont été bagués dans le Massif central, dont 74 équipés d'une balise GPS. Et si vous randonnez en montagne, restez à plus de 700 m d'une aire occupée !

La bonne nouvelle

Depuis sa protection, l'aigle royal revient ! En Isère, on est passé de 8 couples connus en 1978 à 53 en 2019. Dans le sud du Massif central, on comptait 11 couples nicheurs en 1980, et plus de 35 en 2015. Et en juillet 2025, un aiglon s'est envolé près de Saint-Claude, dans le département du Jura : le deuxième en quatre ans, alors que l'aigle royal en avait disparu pendant 170 ans.

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